Lundi 8 septembre 2008
1
08
/09
/2008
10:19
Luis-Eduardo Torres, réfugié politique à Montpellier, était dans le parti Oxygeno Verde, celui d'Ingrid
Betancourt
« Je dormais. J'ai reçu un appel de ma mère en Colombie... Elle m'a dit que les séquestrés avaient été libérés. J'ai tout allumé.
Internet, la radio, la télé... »
Depuis deux ans, Luis Eduardo Torres vit à Montpellier sous le statut de réfugié politique. La Colombie, il l'a chevillée au corps. Les Farc et les guérilleros, il a de cruelles raisons de les
détester.
Ingrid Betancourt, il « l'adore ». Parce que Luis Torres connaît très bien Ingrid, parce qu'il a travaillé à ses
côtés au sein du parti Oxygeno Verde qu'elle a fondé en 1998.« C'est une femme d'exception, et de convictions. Quand elle te parle, elle te
nourrit de son courage. C'est une sauveuse... »
Alors forcément, avant-hier soir, devant les images d'une Ingrid libre, Luis s'est d'abord
laissé submerger par l'émotion. « Elle a la même voix, la même intonation. Je retrouve son visage...
»
Sur le fond en revanche, Luis ne reconnaît plus très bien Ingrid. « Quand elle dit merci à Uribe, merci aux militaires
colombiens, je ne comprends pas. Elle qui a lutté contre eux... C'est sûrement l'effet de la libération. »
Concernant l'infiltration des militaires colombiens par hélico, Luis ne cache pas non plus son scepticisme. « Il ne faut pas se
leurrer. Ce qu'on nous raconte, ça fait vraiment Walt Disney ! Je sais comment ils fonctionnent. Tout a été payé, rien n'est gratuit chez les Farc. Ingrid ne connaît pas la réalité, et quand
elle va la découvrir... »
Peut-on toutefois voir un signe d'espoir dans la libération de ces 15 otages ? Pour Luis, « il en reste encore 726 et rien ne
permet de dire comment les Farc vont réagir » .
En attendant, à Montpellier, Luis a monté l'association "Luciole humanitaire". « Les lucioles, c'est ce que regarde mon cousin,
le général Luis Mendieta avant de s'endormir... » Son cousin colombien, prisonnier des Farc depuis dix ans, détenu pendant deux ans dans le même camp qu'Ingrid
Betancourt. « Nous continuerons à nous battre pour sa libération. »
Par marseille avec ingrid
-
Publié dans : Actions à Marseille
0
-
Recommander