Pablo Moncayo, otâge depuis 12 ans
Fédération Internationale des Comités Libertad -FICIB-
14/03/2009
Avec son camarade Libio Martinez capturé en même temps que lui, Pablo Emilio est probablement le plus ancien otage militaire du monde, puisqu'il a été
fait prisonnier par la guérilla des Farc en décembre 97. Il avait alors 18 ans. En décembre 2008, agé de 29 ans, il entamait sa douzième année de captivité.
Date de naissance: 26 Février 1979
Profession: Militaire, avec le grade de caporal lors de sa capture, il a été promu caporal-chef en mars 2006.
SON HISTOIRE:
Pablo Emilio est le fils ainé et seul fils de Gustavo Guillermo Moncayo Rincon et de María Estela Cabrera de Moncayo qui ont également 4 filles, Nora
Elena, Carol Dayana, Yury Tatiana, et Laura Valentina. Cette dernière est née durant sa captivité.
Pour Pablo Emilio, il était difficile d'accéder à l'université en raison des ressources limitées d'une famille de 6 personnes. Il décida donc, pour
assouvir sa passion de l'électronique, d'entrer dans l'armée, et de présenter le concours de sous-officier nécessaire pour accéder aux cours d'ingénierie électronique.
En septembre de 1996, après une formation à Tolemaida (Tolima), il est transféré à Facatativá (Cundinamarca) dans un cours de communications.
Pour poursuivre sa formation, malgré les risques d'une situation en "zone rouge" et à 4200 mètres d'altitude, Pablo Emilio accepte ensuite, une
affectation à la base de radio-télécommunications de Patascoy. Là, il pouvait, étape après étape, devenir un vrai professionnel de la spécialité. Cette affectation, en plus de le
rapprocher de sa famille, lui permettait d'améliorer son salaire. Moins de 3 mois après, l'attaque de Patascoy par la guérilla, le 21 décembre 1997, le plongeait dans l'enfer de la
captivité aux mains des FARC.
SA CAPTURE:
La tragédie a commencé avant l'aube, le 21 décembre 1997 quand 300 guérilleros des FARC, aux ordres de Joaquín Gómez, ont attaqué les 32 militaires qui
occupaient la base de Patascoy, à la limite entre le Nariño et le Putumayo.
L'arsenal déployé par la guérilla était tel que le sommet glacé est vite devenu véritablement torride comme l'enfer, illuminé par l'explosion des bombes
(bonbonnes de gaz) qui n'arrêtaient pas de pleuvoir.
Une vingtaine de militaires ont résisté à l'assaut jusqu'au lever du jour, quand, à court de munitions, ils ont dû cesser le combat et se rendre. À 6
heures du matin le spectacle était dantesque, corps mutilés, écrasés au fond du ravin bordant la colline, râles d'agonie des blessés, installations pulvérisées... Les guérilleros ont
alors rassemblé les 18 survivants et leur ont annoncé qu'à partir de cet instant, ils étaient des prisonniers de guerre. Il sortaient d'un enfer, ils allaient bientôt en connaitre un
autre. (D'après le récit de Luis Alberto Castro Ascuntar, survivant libéré en juin 2000)
SA SITUATION ACTUELLE:
Comme la vingtaine d'autres prisonniers "échangeables" des Farc, Pablo Emilio attend vainement que la guérilla et le gouvernement colombien acceptent de
négocier l'accord humanitaire d'échange de prisonniers qui lui permettrait de retrouver la liberté.
Son père Gustavo, professeur dans un petit village perdu du Sud de la Colombie, est maintenant connu partout comme "Le marcheur pour la Paix". Un dimanche
de juin 2007, "el profesor" est parti à pied depuis son village des Andes sensibiliser l’opinion au sort de son fils. Chemin faisant, la population et les médias se sont intéressés à sa
croisade, et c’est accompagné de milliers de manifestants qu’il est parvenu à Bogotà, six semaines plus tard.
En cours de route, il avait reçu une première preuve de vie : une vidéo montrant Pablo Emilio, vieilli mais souriant, lisant des poèmes à sa famille et
montrant ses dessins - de petits lapins colorés. Depuis, son père, promu «marcheur de la paix», a rencontré le président colombien, a parcouru grâce aux Comités Ingrid Betancourt les
routes de plusieurs pays d'Europe, a été reçu au Parlement Européen et par de nombreux élus locaux, et a rencontré le pape Benoît XVI. Le souffle médiatique est vite retombé, mais "el
profesor" négocie des congés pour parcourir les routes, portant en permanence des chaînes au cou, une photo de son fils imprimée sur le ventre.
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