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21/04/2009 - Europa Press
Le politicien colombien Sigifredo López, qui a été kidnappé il y a presque sept ans par les Forces Révolutionnaires de Colombie (FARC) et qui est le seul survivant du « Massacre des députés », a estimé aujourd'hui à Granada que « la paix en Colombie est plus proche que jamais » et a présenté le « dialogue utile » qui est selon lui le seul outil pour l'atteindre.
Aujourd'hui, 74 jours après sa libération, Sigifredo López s'est rendu à l'Institut Instituto de la Paz y los Conflictos de l'Université de Granada pour expliquer lors d'une conférence comment se sont passées « six années, neuf mois et 26 jours de captivité», une période « extrèmement difficile », spécialement quand il a appris le meurtre des onze députés qui avaient été été kidnappés avec lui.
« J'ai entendu les tirs, mais en ce moment --le18 juin 2007-- je ne savais pas qu'ils les exécutaient à cinquante mètres de l'endroit où je me trouvais, et j'ai supposé que c'était une opération de sauvetage. Je l'ai appris dix jours après par la radio, comme tous les colombiens », a rapporté ce politicien de la Vallée, que s'est trouvé aujourd'hui pour la première fois avec Álvaro Leyva, la personne à à laquelle les FARC ont donné les coordonnées de l'endroit où se trouvent les cadavres de ses compagnons pour pouvoir les rendre à leurs proches.
Il a assuré ne pas disposer d'une explication rationnelle sur les raisons pour lesquelles il n'avait pas été assassiné comme les autres : « Les miracles défient la réalité et la logique », a-t-il indiqué, bien qu'il ait montré son intention « de placer son grain de sable pour trouver une solution politique au conflit », de sorte que les nouvelles générations « puissent enfin connaître la paix ».
Il s'est montré favorable à ce que le gouvernement négocie avec les FARC, « je suis un fanatique du dialogue utile », a-t-il indiqué, en ajoutant que la paix était proche, « non pas par volontarisme », mais pour des raisons objectives qui indiquent que les deux parties « ont besoin de trouver une solution ».
D'une part, il a signalé, « la société colombienne a besoin d'une solution, et la guérilla a enfin commencé aussi à en avoir besoin, parce qu'elle se rend compte que politiquement, les kidnappings et les massacres ont beaucoup nui à la Colombie ».
Il a expliqué que pour la première fois depuis plusieurs décennies l'appareil militaire « est en faveur de la société colombienne et cela fait que les FARC ont besoin d'une solution ».
Il a parié sur l'utilisation de cette situation pour faire une proposition de paix en Colombie. Il a considéré qu'on pourrait avancer en ce sens si on ouvrait un espace au dialogue et à la négociation, de manière à ue « leur permettre d'atteindre certains des objectifs qu'ils poursuivent avec les armes », mais un espace « qui n'impliquerait pas l'impunité » --a-t-il nuancé-- « ils ont commis des crimes contre l'humanité et de cela ils devront répondre ».
Il a en outre considéré que cette proposition de paix devra être accompagnée d'un engagement gouvernemental à introduire des réformes « indispensables, et qui qui ont été toujours été mises sur la table » quand on a parlé de paix en Colombie, comme les réformes fiscales et sociales, en considérant que la base du conflit était l'injustice sociale, l'exclusion et la pauvreté.